Mon Père, Orhan Pamuk

Petit bijou littéraire turc. Prix Nobel de littérature en 2006, Orhan Pamuk dresse ici un portrait de son père sur fond d’une Istanbul vibrante, épicée, colorée. Il décrit à travers trois récits l’absence d’un père. Un père qui fuit. Un père qui décède. Un père qui laisse en héritage — en otage — une valise pleine de sa vie. Le narrateur exploite tous les aspects du manque et de l’attente. Il donne à voir la place — limitée — de la culture dans cette Turquie du XXe siècle, l’acculturation d’une partie de sa population, grisée d’une part par la littérature, les films venus d’Occident, et d’autre part, écrasée par le poids des traditions.

On aime l’écriture poétique et sensible. On est ému par les jeux d’enfants auxquels s’adonnent le narrateur et son frère, par l’inquiétude, le manque de ce père. On est curieux de découvrir l’Istanbul des années 1970, de découvrir les lieux du quotidien, les cafés, les mosquées, les marchés. On est touché par ces mille sentiments qui étreignent le narrateur, et qui sont si bien décrits par l’auteur. Cette colère du fils abandonné, cette admiration pour l’homme qui l’a élevé, ce regard paternel qui manque à sa vie,  cette nostalgie du temps qui n’est plus, et ne reviendra pas.

Ce livre est à la fois un hommage au père, cet homme cultivé, lettré, qui a, sans conteste, influencé le destin de son fils devenu écrivain ; mais aussi un dernier adieu, quelques mots balancés vers un ailleurs. Une pépite poétique.

Mon père, Orhan Pamuk, ed. Gallimard, 2006, 86p

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